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Laballe & Défense

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Bienvenue sur Laballe & Défense, un site consacré aux Politiques de Défense ! Ce blog a été créé par Merry-Lène LABALLE, Historienne en Histoire Militaire, Études de Défense et Politiques de Sécurité Diplômée de l'Université Paul Valéry de Montpellier.

Iran/Israël : la guerre nucléaire n'aura pas lieu ...

Publié par Merry-Lène LABALLE sur 11 Décembre 2011, 18:25pm

Catégories : #Défense internationale

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Il y a un mois de cela, les autorités israéliennes avaient durant plusieurs semaines communiqué largement sur l’avancement de la menace nucléaire iranienne. Cette communication active survint en effet après la publication d’un rapport alarmant de l’Agence Internationale de l’énergie Atomique (AIEA), dans lequel elle pointe du doigt les travaux que la République islamique aurait menés ces dernières années pour se doter de l’arme nucléaire. L’objectif, nous l’aurons compris, était de pousser la Communauté Internationale à prendre de nouvelles sanctions internationales plus coercitives. Mais la menace nucléaire iranienne est-elle réelle ?

 


Pendant longtemps les leaders israéliens avaient soutenu l’idée qu’Israël ne devrait jamais accepter à ses côtés aucun Etat nucléaire niant son existence, c’est la doctrine Begin (Menahem Begin, ancien premier ministre israélien élu en 1977). Mais depuis quelques temps certains experts remettent en question la réalité de la « menace existentielle » venant d’Iran.

 


La « menace iranienne » est apparue dans les années 1990, à travers la relance par le régime des Ayatollahs du programme nucléaire commencé à l’époque du Shah d’Iran et suspendu après la victoire des Khomeynistes en 1979. Les autorités Israéliennes laissaient alors présager une attaque préventive contre les installations iraniennes avant que celles-ci ne deviennent opérationnelles.

 


En 2002, on apprend l’existence de deux sites nucléaires en Iran, l’un consacré à l’enrichissement d’uranium, à Natanz, et l’autre à l’eau lourde, à Arak. Le programme s’accélère de nouveau après l’élection de Mahmoud Ahmadinejad en 2005. Un leader très virulent à l’égard des EUA et d’Israël.

 


En 2007, l’Iran possède selon M. Ahmadinejad 3000 centrifugeuses d’enrichissement d’uranium et développe parallèlement une importante capacité balistique : missile Sejil-2 expérimenté en 2009, pouvant atteindre Israël et plusieurs pays d’Europe notamment. Ainsi, depuis les pourparlers de Vienne, les négociations entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité sont au point mort.

 


Beaucoup d’intellectuels israéliens ainsi que B. Netanyahou sont encore convaincus que la « menace iranienne » est inquiétante et qu’une attaque israélienne serait inéluctable, notamment par cette volonté affichée de l’Iran à vouloir « rayé de la carte » Israël. D’autres au contraire comme E. Barak (ministre de la Défense israélienne) pensent que l’Iran ne constitue en aucun cas une menace pour l’existence d’Israël.

 


Il est en effet peu probable que l’Iran souhaite réellement attaquer Israël au risque de se faire détruire, car il est évident qu’Israël a largement les moyens de lancer dans le cadre d’une « seconde attaque » des tires de missiles de croisière grâce ses puissants sous-marins. L’Iran espère, en revanche, étendre son influence dans le monde musulman et le projet nucléaire permet aux autorités iraniennes de bénéficier d’un large soutien de la population et de renforcer une assise populaire contestée.

 


Nous ne pouvons exclure évidemment une attaque surprise iranienne sur Israël, mais il y a peu de chance que cela se fasse. Il est notamment nécessaire et indispensable à mon sens qu’Israël ne perde pas son monopole nucléaire, car un Iran nucléarisé verrait son influence renforcée au Proche-Orient et menacerait les régimes sunnites dits « modérés » (Arabie Saoudite, Egypte et Jordanie). Ensuite, cela encouragerait inéluctablement une course aux armements atomiques au Proche-Orient. Et enfin, cela accroîtrait les risques d’un transfert de matières fissiles aux mains de « groupes terroristes ».

 


En somme, l’ouverture d’un dialogue, même si cela apparaît quasi-impossible entre l’Iran et Israël, est indispensable afin d’éviter tout malentendu et le risque d’un déclenchement accidentel d’un missile nucléaire. La « dénucléarisation » du Proche-Orient paraît utopique, car cela supposerait l’installation d’une paix durable entre Israël et tous ces voisins. Alors Iran nucléaire ou guerre contre ce pays ? Tel est le dilemme se posant à Israël …

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E
D'accord avec le fait que l'Iran n'a pas pour objectif de mener la guerre contre Israel. Son obsession à se doter d'une force de frappe nucléaire obéit à une volonté d'accroître son influence dans<br /> cette région globalement dominée militairement par Israel. Israel flippe à l'idée de savoir rivalisé par un Etat dont la ligne politique internationale ne lui est guère favorable. C'est ce qui<br /> explique sa détermination à vouloir mener une guerre (préventive finalement) sans merci à l'Iran.
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